C'est quoi le bonheur?

Publié le 9 Février 2014

Voici Marta : chaque jour, elle reste dans le bus deux heures durant, avant d’arriver au travail. Celui-ci consiste à nettoyer, rester debout pour repasser, piétiner en passant la serpillère ou encore enlever les couches de poussière sur des meubles qui ne lui appartiennent même pas…et encore, je reste assez poétique dans la description des tâches ! Elle repart ensuite comme elle était venue après avoir plus ou moins discuté selon que ses patrons se sentent l’esprit du grand PDG de leur propre maison, ou celui du collaborateur qui serait reconnaissant du travail fourni par cette petite bonne femme. Deux heures de bus, donc, pour rentrer chez elle.

Mais Marta, elle prend la vie du bon côté : elle trouve le temps, à chaque fois, de faire un gâteau à mes deux crapouilles rien que pour le plaisir de les voir se goinfrer à 16h, elle nous raconte la vie de sa paroisse et nous fait profiter de ses tenues chics lorsqu’elle se rend directement à l’église après le travail. Elle nous explique, aussi, que sa fille devra beaucoup payer et s’endetter pour rentrer à l’université et espérer un jour devenir psychologue.

Elle est joyeuse. Et comme nombre de brésiliens, elle ne compte pas ses heures, ni le nombre des petits boulots qu’elle accompli ou des grands coups de mains qu’elle donne. Et surtout, elle redresse la tête et ne souffle pas. J’en entends certains qui diront que c’est de la résignation, mais pas du tout, c’est une richesse qui l’empli et qui lui permet de profiter de tout ce que Dieu lui accorde. Car Dieu est omniprésent ici, c’est lui qui fédère, c’est lui qui uni et qui vous accorde un répit à chaque messe.

Jeudi, Marta nous a annoncé fièrement, que chaque soir depuis quelques jours elle prenait des cours de coiffure pour pouvoir, bientôt installer un petit salon chez elle. Elle nous a même avoué que : « toutes les filles, au cours de coiffure, se battent pour pouvoir me coiffer, parce que je suis la seule à avoir une si longue chevelure rouge ! »…une merveille…le même enthousiasme que ma nièce quand elle revient de l’école en virevoltant de bonheur d’avoir trouvé une nouvelle amie. Et Marta est repartie, la tête pleine de nouveaux noms de produits et de coupes ; elle allait acheter toute la panoplie pour son futur nouveau travail.

Je crois que la majorité des brésiliens sont comme cela : enthousiastes, courageux, optimistes et par-dessus tout, ils ont compris le sens des mots solidarité et échange.

C'est quoi le bonheur?

C’est peut-être un peu tout cela le bonheur, non ?

Rédigé par Marianne Mamagalo

Publié dans #C'est la vie!

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Commenter cet article

marly 16/02/2014 22:15

J'habite en France j'ai une amie brésilienne c'est vrai toujours enthousiaste pourtant malgré sa vie au Brésil elle est contente d'avoir un toit sur la tête,de manger tous les jours à sa faim de pouvoir payer ses factures mais ellerit tout le temps.

Nathalie, Lheuredete 10/02/2014 09:33

Exactement. Tout à fait d'accord. Très joli billet.
Et j'aurais bien des leçons à prendre, pour me forcer parfois à voir avant tout le verre d'eau à moitié plein !

Marianne Mamagalo 10/02/2014 19:31

ça n'est pas toujours si facile, car on a tendance à s’apitoyer un peu sur notre sort!

Marie mon-nid 10/02/2014 09:31

Comme quoi, on n'a pas besoin d'avoir de posséder beaucoup de bien matériels pour être heureux !

Marianne Mamagalo 10/02/2014 19:30

C'est vrai. On peut passer parfois à côté de l'essentiel, alors qu'il est à notre portée.

SOf larm's 10/02/2014 08:39

Merci Marianne je lis ton post dans les embouteillages et tu m'as mise de bonne humeur!! Bisous

Marianne Mamagalo 10/02/2014 19:29

Heureuse de t'avoir fait sourire dès le matin!!