Parcours fléché.

Publié le 20 Février 2014

Il y a quelques temps, j’ai pu lire dans le magasine brésilien « Istoé », un article qui m’a émue.

Ce dernier raconte comment Virgilio Viana s’est battu pour promouvoir la culture des indiens d’Amazonie aux prochains Jeux Olympiques.

Virgilio Viana fut, en 2003, le premier secrétaire de l'Environnement et du développement durable pour la région Amazone et n’a cessé, depuis, de mettre en avant et de protéger les richesses de celle-ci. Il est aujourd’hui président de la FAS (Fondation Amazonas Sustainability), qui est chargée, notamment de mettre en place le programme Bolsa Floresta, qui est le premier projet brésilien certifié au niveau international à soutenir et promouvoir la conservation de l'environnement traditionnel et l'amélioration de la qualité de vie des populations, la valorisation de l'homme et de la forêt en Amazonie.

Virgilio cherchant un moyen de mettre en avant les populations indigènes de la forêt, lors des prochains JO du Brésil en 2016, fut frappé par la dextérité de jeunes garçons au tir à l’arc. Imaginez ! Ces adolescents, pour pouvoir se nourrir, marchent chaque jour pendant des heures dans la forêt, à l’affût du moindre signe animal, chassant les proies terrestres ou volantes avec une précision balistique extrême. On peut ainsi facilement se figurer leur habileté dans le maniement de l’arc.

Virgilio proposa donc la candidature de jeunes indiens de différentes ethnies pour participer aux JO. Cela, au départ, ne fut pas accueilli avec le plus grand enthousiasme par le sélectionneur brésilien, estimant que ces indiens n’étaient pas formés aux techniques et matériels nécessaires à l’obtention d’une reconnaissance olympique.

L’entêtement de Virgilio et la virtuosité des jeunes archers eurent finalement gain de cause et ce sont actuellement six indiens qui s’entrainent quotidiennement, espérant faire partie de l’équipe brésilienne de tir à l’arc et rêvant ainsi de détrôner les champions olympiques en titre Sud-Coréens.

Parcours fléché.

J’espère de tout cœur qu’ils réussiront dans leur quête, ce qui permettrait de montrer à notre monde de compétition et de productivité que le talent se trouve partout, mais aussi de protéger, peut-être le fragile univers de ces tribus amazones et leurs traditions séculaires.

Rédigé par Marianne Mamagalo

Publié dans #Brésil

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Didier 21/02/2014 20:56

Article très intéressant qui montre aussi les préjugés de certains brésiliens. Pour l'olympisme j'y croirais quand on donnera la possibilité à chaque jeune d'avoir du matériel de qualité si il a du potentiel et l'envie. Analysez le palmarès des disciplines et vous verrez que sport technique signifie pays riche, sauf pour les pays en faisant une vitrine politique ( ex : Cuba).
Mais au fait nous avons aussi des champions potentiels en Guyane. Ecrivez vite à la Fédération française. Sinon beaucoup de réussite à ces brésiliens;

Marianne Mamagalo 21/02/2014 21:20

Ce qui est dommage aussi c'est que ce soit le matériel qui définisse un peu le sportif, aussi! Ils devraient tous concourir avec des arcs en bois!! Je plaisante (un peu), mais il est vrai que certaines compétitions ne semblent pas très équitables au départ.

kikiofseahouse 21/02/2014 09:30

Cela donnerait un nouveau souffle à l'Olympisme.
« une philosophie de la vie, exaltant et combinant en un ensemble équilibré les qualités du corps, de la volonté et de l’esprit. Alliant le sport à la culture et à l’éducation, l’Olympisme se veut créateur d’un style de vie fondé sur la joie dans l’effort, la valeur éducative du bon exemple et le respect des principes éthiques fondamentaux universels »

Marianne Mamagalo 21/02/2014 21:17

ça c'est la version officielle des JO du VIe siècle avant JC, non?