Ça c’est carnaval !

Publié le 4 Mars 2014

Weekend prolongé, bord de mer sauvage et luxuriant dans l’état de São Paulo.

Hier soir, affamés par un long après- midi de sieste et de hamac, nous avons très rapidement trouvé notre havre de sustentation, notre paradis huîtrier : le « Ponto das ostras ».

Il faut savoir que le français est comme le Mac Donald : il essaie de s’insinuer partout et notamment ici, dans ce petit coin de Brésil où un Breton a amené son savoir-faire ostréicole, ponctuant ainsi un bras de mer de tables accueillant des banquets d’huîtres, qui attendent que la marée aie terminé ses caprices.

Le « Ponto das ostras », donc, nous a ouvert ses bras assez tôt dans la soirée, dans son ambiance un brin ringarde, où on se serait attendu à avoir les Deschiens comme voisins de table. Les nappes à grosses fleurs aux couleurs exubérantes collaient à nos coudes délicats et faisaient concurrence aux porte-condiments en forme de brouette, sur lesquels mes 2 crapouilles ont eu tôt fait de faire main-basse. C’est alors des courses de brouettes qui se sont engagées sur la nappe horticole faisant choir le sel qui répandait son contenu sur celle-ci ou donnant le tournis au vinaigre apeuré de tomber de son minable carrosse.

Ça c’est carnaval !

La déco générale était dans le même ton mi-kitsch, mi-underground diraient certains. Les chaises, faites de planches grossières, devaient peser le poids d’une baleine morte, m’obligeant à m’asseoir dessus en adoptant la technique dite de la feuille, consistant à se glisser entre la table et le dossier, sans avoir à déplacer l’animal de peur que mes douleurs de presque-quadragénaire ne se réveillent dans la lutte sans merci avec ce mobilier des plus sophistiqués. Les murs étaient partiellement recouverts de coquilles d’huîtres, présentant même, par endroit, des formes d’animaux marins intégralement réalisés avec ces séduisants coquillages (…et non, le prénom du patron n’était pas Juste, pourtant !). Les murs, suintant la moisissure auraient ravis plus d’un contrôleur de l’hygiène française…et pourtant, nous avons passé un moment délicieux, les huîtres l’étant merveilleusement et les serveurs l’étant tout autant nous ont questionné sur l’huître française et nous ont raconté sa culture à la brésilienne…ce fut un chouette repas !

Ça c’est carnaval !

Sortant de ce festin, le Carnaval nous avait attendus pour démarrer et c’est dans la rue principale munie de barrières et de quelques petits gradins, qu’a défilé le premier bloco de la soirée : « O bloco do caranguejo », c’est-à-dire le groupe du crabe. Nous avons ainsi continué dans l’ambiance délirante du resto : la chanson de ce groupe parlait des crabes qui montent et qui descendent au gré de la marée, les danseurs munis de sortes de sac-à-dos-crabes faisaient des chorégraphies venues tout droit du fond de la mer et le char, digne représentant des profondeurs aquatiques, ne déméritait pas non plus, portant, en son centre une sirène-potiche coincée dans son costume, qui ne pouvait nous adresser que des mouvement de bras.

Ça c’est carnaval !
Ça c’est carnaval !Ça c’est carnaval !

Encore un moment mémorable, que nous avons terminé en suivant le bloco et en dansant, tant bien que mal la chorégraphie du crabe.

Ça c’est carnaval !

Rédigé par Marianne Mamagalo

Publié dans #Brésil

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