Panini problem'!

Publié le 24 Mai 2014

Je ne sais pas quelle est l’ampleur du phénomène en France, mais ici, au Brésil, le petit autocollant de la FIFA est présent dans tous les foyers. C’est la folie du ballon rond, du joueur de foot au sourire figé, de l’emblème brillant…bref, le règne de Panini a commencé. Panini, déjà, sévissait quand j’étais gamine et même bien avant. Ça a commencé en 1961, en Italie, par des images de footballeurs, puis ça s’est développé à tout un tas de domaines : Marvel, dessins animés de Walt Disney, stars de la chanson, animaux et tout ce qu’on peut imaginer de prendre en photo et de coller sur un album. Moi, à l’époque, j’étais particulièrement fière d’avoir terminé mon album des Bisounours (je pense qu’on n’a pas trouvé plus cucul depuis l’invention de Panini, mais j’assume !).

Panini problem'!

Donc, ici, c’est comme une organisation secrète qui tenterait de s’introduire dans toutes les familles et manipuler les esprits, rendant dingos chacun de leurs membres, du plus petit au plus âgé. Car, officiellement, ce sont les enfants qui font leur album de la coupe du monde, mais en réalité, ce sont les parents qui échangent les doubles avec leurs collègues, sous prétexte d’aider leur fils, ce sont eux, encore, qui achètent, quotidiennement, le petit paquet vert qui contiendra, peut-être le morceau d’image de stade qui manque, ou l’emblème hyper rare de telle équipe. Ce sont eux, encore, qui, dans certaines familles en donnent 5 ou 10 paquets d’un coup à leur progéniture, faisant paraître les autres parents comme de misérables radins du kiosque à journaux.

C’est tout un monde d’initiés qui s’est ouvert à moi. Au début, d’ailleurs, je demandais au kiosquier, dans mon portugais hésitant des « images autocollantes de la FIFA », maintenant, en grande professionnelle de l’achat d’étiquettes, je sais qu’on dit « figurinhas ». Et chacun s’organise à sa façon : du plus traditionnel, qui note dans une grille les images qu’il possède déjà et celles qu’il a en double (car, je peux vous assurer que les tas de doubles peuvent être vraiment conséquents !!). Il y a ceux, plus modernes, qui ont téléchargé l’appli sur leur téléphone, qui tient à jour le décompte de leurs stickers, leur permettant ainsi de ne pas se trimballer l’album partout avec eux et il y a ceux, enfin, qui connaissent le contenu exact de leur album, se souvenant si tel joueur ou tel autre figure déjà dans le précieux recueil.

Panini problem'!

Et ces fameux doubles qui s’échangent sous le manteau, ont modifié totalement nos rencontres amicales ou familiales, transformant celles-ci en un moment de troc et de commerce. Les cours de récréation voient s’étaler les joueurs de foot sur le sol des terrains de jeux et parlementer les gamins sur l’importance de telle ou telle image qui en vaut deux autres ou qui est trop rare pour être donnée. Chaque dimanche, à présent, on ne fait plus son jogging dans un parc, on ne joue plus au Monopoly avec ses enfants…on commerce sur la place d’Ukraine, à Curitiba (mais, bien sûr, chaque ville à sa « place du troc »), on se mêle aux dizaines de collectionneurs et on négocie : une figurinha brillante contre deux joueurs ; même tarif pour le grand Neymar qui vaut bien deux joueurs lui aussi…tout le monde vit au rythme de Panini et seuls ceux qui ont déjà terminé leur album, se sentent désœuvrés.

Si les frères Panini (dont le dernier s’est éteint il y a 6 mois) voyaient cela, ils seraient fiers de leur invention si simple mais pourtant si populaire!

Rédigé par Marianne Mamagalo

Publié dans #C'est la vie!

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mamie 09/06/2014 10:43

actuellement ce sont tes enfants avec les parents!!!!!!!!!!!!
et ton époux a fait idem dans sa jeunesse avec panini.
gros bisous

Shalima 27/05/2014 12:55

Huhuhu, ton billet me fait tellement rire ! Et ça me rappelle mon année de sixième c'était aussi la coupe du Monde, et avec Sandye, on collectionnait les images ! (ça ne nous rajeunit pas, hein ?)

Marianne Mamagalo 27/05/2014 14:01

C'est vrai, ça fait des années que des gamins s'usent les genoux, à quatre pattes dans la cours pour faire du marchandage d'images. ça vaudrait le coup de retrouver vos vieux albums dans le fond du grenier pour voir les têtes des anciens joueurs de foot!