Jungle fever

Publié le 13 Juillet 2012

Toujours en vacances au Guatemala, nous nous sommes transformés, l’espace d’une journée en Corcodiles Dundees. En effet, nous avions, hier, prévu de passer une nuit sur une île, au milieu du “Rio de la Passion”… Nous embarquâmes donc sur une barque à moteur, dont le “lanchero” semblait connaître aveuglément chaque bras  du fleuve, chaque pêcheur en pirogue et tout ce que les profondeurs aquatiques comptaient  d’espèces animales. Après 1h30 de navigation, sur des eaux immobiles, faisant se refléter une mangrove exubérante et imprimant de cercles fins, l’envol de tous les oiseaux que nous faisions fuir, nous accostâmes sur une ponton en bois, fait d’un assemblage de quelques planches.

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Vu de notre raffiot, seul un toit en feuille de palmes émergeait d’une végétation luxuriante…notre hôtel paraissait donc bien rudimentaire. Un escalier de pierres rendues glissantes par l’humidité de cette jungle nous conduisait à la “réception” de notre hôtel (celle-ci se résumant à une table installée au milieu d’un promontoire, sur laquelle était posé l’écriteau RECEPCION). Ce fut un serpent long d’une cinquantaine de  centimètres qui nous accueillit le premier, étalé de tout son long en travers d’une marche, à la recherche d’une proie qui paraissait s’être cachée entre deux pierres de l’escalier. Après quelques tergiversations, nous finîmes par arriver au sommet de cet escalier, puis, enfin, à notre chambre d’hôtel…

En fait de “chambre”, c’était une case sur pilotis, à laquelle on accédait après une marche sur des chemins enpierrés et un pont en bois. Cette cabane dans les arbres était construite en bois sur sa partie basse, tout le reste (la majeure partie des murs et le toit) était constitué de moustiquaires. Surplombant cette construction, un toit de feuilles de palmes séchées imposant finissait d’achever cette habitation de Robinson.

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Dans l’après-midi, nous repartîmes en barque, visiter d’anciennes constructions Maya perdues dans cette jungle épaisse. De retour à notre lodge, nous regardâmes la nuit tomber lentement sur le fleuve que nous dominions du haut de nos pilotis et sans lumière aucune : un groupe électrogène n’était mis en fonctionnement qu’à la nuit tombée et jusqu’à 22h… nous nous réjouissions cependant, de ce manque de clarté, qui nous faisait paraître encore plus comme des aventuriers.

Pour rejoindre l'endroit où on nous attendait pour manger (nous étions les seuls clients), nous affrontâmes d'abord une pluie torrentielle, qui n'existait, dans mon esprit, que dans les films américains et qui nous fit prendre une douche forcée sur les quelques dizaines de mètres que nous avions à parcourir.

Pour le repas, nous nous sommes régalés de plats préparés dans des récipients en terre posés sur le feu, donnant une saveur particulière de braise à cette nourriture.

Retour au lodge...

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A 21h, mes trois garçons étaient déjà tous endormis. J’étais à l'écoute de tous les bruits de cette jungle : de longs sifflements aigus d'insectes répondant aux chants d'oiseaux exotiques,des fruits tombant sur les larges feuilles des arbres. Seules deux peties lumières restees allumées sur le chemin extérieur, donnaient encore un caractère rassurant à cette obscurité bruyante.

22 h : extinction des feux...la nuit devint alors d'une noirceur épaisse, presque palpable.

J'arrivai enfin á trouver le sommeil.

 

Mais ce sont des cris terrifiants qui me firent ouvrir les yeux. Des cris qui résonnaient tout près de notre lodge. Des cris nombreux et agressifs. Ils étaient précédés d'une sorte de souffle rauque, puis un cri grave et long, comme un rugissement. Je n'arrivais pas à savoir d'où ils provenaient, je compris le lendemain que c'étaient deux groupe distincts d'animaux qui se répondaient.

Dans cette nuit où tout devenait étrange, pendant la longue demi heure qu'on duré ces grognements, je me suis surprise même à me demander si nous n'étions pas plongés dans un mauvais remake de Jurassic Park et si un vélociraptor en quête de chair fraîche n'allait pas déchirer nos frêles moustiquaires...

Je me fis bien moquer le lendemain (comme vous devez bien vous gausser derrière vos écrans!), car il s'agissait en réalité de singes hurleurs, qui s'étaient approchés de nos habitations. 

Ce fut une aventure extraordinaire, qui m'a montré combien on peut s'éloigner de la nature avec nos vies si urbaines et j'espère ne jamais oublier toutes les sensations qu'elle m'aura procuré!

Rédigé par mamagalo

Publié dans #Voyages

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Caro T 21/07/2012 11:36


Pas la peine d'aller aussi loin pour trouver des singes hurleurs (nous, on en a 3 à la maison) et de la pluie (on devrait en avoir dès la semaine prochaine puisqu"on part à Brest) ! Bon d'accord,
le serpent à l'accueil, là ça m'impressionne ! Je n'aurais sans doute pas fermé l'oeil de la nuit non plus...

mamagalo 25/07/2012 04:03



Bon, d'accord, tu me bats...même si tes petits singes hurleurs sont à croquer!!



Loucastanol 20/07/2012 20:42


Ma chère Marianne,  Cette nuit dans le noir avec les singes hurleurs, çà ne fait pas penser à la Bretagne, avec en plus vos très belles photos qui montrent bien qu'on est en territoire
étrange : on ne sait pas ce qu'il y a après le prochain coude du fleuve ... Bravo, vous êtes les plus grands aventuriers de Lanta et même des environs. Noël et Marie, impressionnés !

Léa 18/07/2012 16:29


J'ai vu, et surtout entendu, le lien sur les singes hurleurs, ça doit carrément faire flipper en pleine nuit !


L'aventure, c'est extra ! (les aficionados de Pixar comprendront...).

mamagalo 25/07/2012 04:01



Merci...c'est pourtant ce que j'essaie d'expliquer à Laurent depuis quelques jours!



shalima 16/07/2012 14:30


waow, c'est impressionnant et ça me fait rêver, mis à part l'épisode du serpent bien entendu ;-)


(dire que je me suis sentie aventurière de l'extrême dans ma petite cabane bretonne !)

mamagalo 16/07/2012 14:53



Mais moi aussi, ça me fait rêver la Bretagne!! Ses plateaux de fruits de mer, ses embruns et sa pêche aux coques...



capel 15/07/2012 09:47


Coucou


Quel courage  MARIANNE!!!!!  maitenant tu vas pouvoir affronter toute les difficultés devant toi.

mamagalo 16/07/2012 14:57



Finalement, comme me le faiasit remarquer Laurent, on était quand même à l'hôtel : les clients sont toujours tous repartis entiers!



L'Heure d'été 15/07/2012 09:12


Je suis ébahie par ton sang froid : j'aurais eu du mal à dormir et mon mari aurait bien ri !


Ton très joli billet, cela dit, donne envie d'aller te suivre sur la route des vacances.


Nathalie

mamagalo 16/07/2012 14:55



J'ai pris sur moi, figure-toi, pour ne perdre la face devant les enfants, qui dormaient juste a côté (et qui, eux, ne se sont aperçus de rien!)