Vies brésiliennes.

Publié le 28 Mars 2012

Ici, au Brésil, il existe tout un tas de petits boulots. Les gens peuvent en cumuler un, deux, voire trois dans la même journée, le droit du travail étant bien plus « élastique » au Brésil qu’en France. Dans les petits boulots, il y a celui qui consiste à placer les voitures sur un parking : le monsieur nous fait croire qu’il nous aide à effectuer une manœuvre périlleuse, à grand renfort de mouvements de bras et de hochements de tête, alors qu’en réalité on gare notre voiture sur un parking goudronné, avec des emplacements en épis bien calibrés.

Dans les petits boulots, j’ai même vu un monsieur d’un certain âge ouvrir et fermer des portes battantes, pour nous permettre d’entrer ou sortir des toilettes d’un bar ! D’ailleurs, dans les restaurants, de nombreux serveurs s’affairent tout le temps autour de chaque table.

Il y a aussi les nettoyeurs embauchés par la municipalité : habillés en orange, desherbeur ils sillonnent les rues avec des poubelles à roulettes, ramassant les papiers qui traînent, ou bien, comme sur cette photo, ils grattent les interstices entre deux pavés, à l’aide d’une pique pour en déloger la mousse et les herbes…bien plus écolo, mais bien plus fastidieux que le désherbant chimique !!

Chaque matin, on assiste au ballet des femmes de ménage, celles qu’on appelle « diaristas » (qui restent toute la journée), descendant de leur bus respectif, faisant un bout de chemin ensemble en discutant et se séparant à la porte de leurs immeubles. Chez nous, c’est Marta qui vient tous les jeudis : elle fait 2 heures de bus avant d’arriver chez nous, puis astique, frotte, lave et repasse toute la journée. N’ayant pas assez de place pour étendre tout le linge humide, elle tend des fils à travers tout l’appartement, donnant à celui-ci un air de stand de foire où se balancent au vent des tas de petits et grands fanions. Ceux qui connaissent un peu notre inorganisation et la capacité de nos chérubins à tout salir en l’espace de quelques heures, comprendront alors combien Marta nous est précieuse… Elle trouve même le temps de faire un gâteau pour le goûter des enfants (et le mien !!).linge.jpg

Il y a aussi, les carrinheiros qui sillonnent les rues, de jour comme de nuit, tirant une carriole à la recherche de matières à recycler. Ils sont généralement à pieds, parfois pieds nus ou en tongs, même sous la pluie battante. Les plus chanceux se font aider d’un cheval ou bien possèdent un petit Volkswagen de 30 ans d’âge, rouillé et bruyant. Ils empilent dans leur carriole des montagnes de cartons trouvés dans les poubelles des citadins, posant parfois à leur sommet un enfant, leur enfant, qui malgré le bruit des klaxons, la fumée des pots d’échappement et la fatigue du labeur, ne pleure pas. Ces enfants-là ont le stoïcisme des personnes habituées à endurer la souffrance. Comme disait Coluche : « Les hommes naissent libres et égaux, mais certains sont plus égaux que d'autres. »…

carrinheiro1

Rédigé par mamagalo

Publié dans #Brésil

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Marie-Laure 02/04/2012 12:20

Bon anniversaire !!
avec un peu de retard...
je voulais compter, j'ai compté, encore compté et pis... j'm'suis emmêlée.
Merci à toi pour tes articles et gros bisous à tous les 4.

mamagalo 09/04/2012 02:34



Merci pour ton mot! Si tu m'avais souhaité mon anniversaire en juillet, ça m'aurait quand même fait chaud au coeur. D'ailleurs, on devrait se souhaiter de joyeux non-anniversaires de temps en
temps!!



Loucastanol 31/03/2012 19:06

A quoi sert ce petit enfant posé au sommet : pour aider à entasser plus de cartons ou autres déchets sur la remorque ? à susciter un peu de pitié ? pour garder l'ensemble quand le papa s'éloigne
?
Est-il obligatoire pour les petits brésiliens d'aller à l'Ecole ? et si OUI, jusqu'à quel âge ?

Fred 31/03/2012 09:36

Happy BIRTHDAY

mamagalo 31/03/2012 16:47



Merci! Il manquait juste quelques copains, un peu de magret grillé et du bon vin pour nos deux anniversaires, mais on l'a quand même fêté à la brésilienne : churrasqueira, picanha et bossa
nova...