Sur l'île des aventuriers.

Publié le 8 Septembre 2013

Notre périple en pays bahianais, c’est poursuivi par une semaine à Moreré. Sur la carte, ça n’a pas l’air très loin, accessible, même. Sur le terrain, Moreré se gagne. Elle se mérite et ne s’offre qu’au touriste ambitieux. Celui-là même qui préfèrerait se chopper une turista dans un bouiboui infâme, plutôt que de se retrouver attablé avec tous les français qui, comme lui, auraient suivi les bons plans du Guide du Routard…Il faut croire que nous faisons partie de cette catégorie d’irréductibles aventuriers qui rêvent de devenir des Robinsons.

Pour parcourir les quelques kilomètres qui séparaient Salvador de Bahia de Moreré, nous avons voyagé une journée entière, passant du taxi au ferry, puis du ferry au bus et, sautant dans un bateau, nous dûmes braver le froid du vent hivernal bahianais (si, si, on s’est quand même un peu caillé !!), pour se voir débarqués à Boipeba. Notre voyage touchait presque à sa fin… « Presque » est, en effet, une donnée à prendre en compte lorsqu’on se trouve au bout d’une longue journée passée à faire transiter nos grosses valises à roulettes de routards embourgeoisés d’un coffre à un autre et nos enfants fatigués d’un siège inconfortable aux genoux du cousin. Nous achevâmes donc notre transfert par trois quarts d’heures de tracteur, tirant une grande remorque munie de bancs en bois et abritée sommairement d’un toit bâché. Le chemin était boueux à tel point que nous passions parfois dans des cratères ornières remplies d’eau, qui auraient pu nous faire croire que nous étions encore dans le bateau et surtout, que nous pouvions nous renverser à tout moment. Les chemins étaient, par endroit, pavés des fibres qui recouvrent les noix de coco, ce qui leur donnait un aspect étrange de route du bout du monde.

Pour couronner le tout, ma petite nièce qui commençait à être malade, parsema notre piste des restes du repas pris quelques temps avant. Cela eut pour effet de rapprocher vers moi, ma voisine de banc, peu désireuse, visiblement de récupérer les germes malades de notre Petit Poucet (je me suis d’ailleurs demandé si je n’allais pas finir par lui proposer une place sur mes genoux !).

Après toutes ces aventures routières, nous arrivâmes enfin à Moreré, fatigués mais heureux de débarquer dans ce paradis sauvage.

Sur l'île des aventuriers.

Notre séjour fut ponctué de balades à la plage, de matchs de foot avec, en guise de ballon, une noix de coco atterrissant, après le match, dans nos estomacs gourmands, de snorkeling dans des piscines naturelles et enfin de pêche au filet. Celle-ci restera un souvenir collectif merveilleux : Sergio, qui nous avait guidé dans plusieurs de nos sorties, quand je lui demandai s’il pêchait, sauta sur l’occasion et débarqua aussitôt, muni de sa brouette et d’un grand filet. Tirant le filet à la force des bras, au milieu des vagues, nous nous sommes relayés pour sortir de l’eau notre pêche miraculeuse, que les enfants, tout excités, s’empressaient d’entasser dans la brouette, faisant parler les poissons à la bouche encore ouverte ou riant de l’allure gonflée du poisson boule. Cette pêche se conclut sur un repas extraordinaire de poissons cuits au barbecue dans des feuilles de bananier.

Sur l'île des aventuriers.
Sur l'île des aventuriers.
Sur l'île des aventuriers.

Ce séjour fut parfois déroutant, mais riche en émotions. Il nous laissera, à tous, j’en suis sûre, des souvenirs impérissables.

Sur l'île des aventuriers.

Rédigé par Marianne Mamagalo

Publié dans #Brésil

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Commenter cet article

Papanoël 20/09/2013 16:30

Chaque jour qui passe, chaque personne rencontrée, et même chaque heure de classe avec tes enfants ou tes petits élèves enrichissent votre vie. Vous allez revenir avec des montagnes de mots, d'images, de souvenirs, d'idées, de goûts en bouche qui vont vous intégrer définitivement dans cette troupe immense des voyageurs. Voyageurs, ceux qui ont une idée complète et permanente de cette communauté, celle des terriens. Vous ne les connaitrez pas tous, mais vous saurez comment ils sont.

Marianne Mamagalo 20/09/2013 22:47

C'est vrai qu'on essaie de profiter de tout ce qui s'offre à nous ici : on sait bien que toutes ces choses sont précieuses et exceptionnelles!

http://www.1001-peluches.com/5-doudou 13/09/2013 14:51

Sublime!

Marianne Mamagalo 14/09/2013 18:38

Merci! :o)

duran 09/09/2013 15:17

Tu me fais rêver et je vous en veux !
toute la famille Duran vous embrasse très fort.
Xuan Hong

Marianne Mamagalo 09/09/2013 15:41

Allez! Vous nous avez bien fait rêver avec vos photos du Vietnam, vous aussi! De toute façon, le monde est trop grand pour avoir le temps de tout visiter en une vie!!
On vous fait de grosses bises et on pense à vous.